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Vaccination : pour ou contre ?

La Charte des Droits fondamentaux de l’Union Européenne affirme clairement : « Le consentement libre et éclairé de la personne concernée doit être respecté dans le cadre de la médecine et de la biologie. »
Cependant, près de 40% des citoyens européens ne jouissent pas de ce droit élémentaire en ce qui concerne la vaccination.

 

En France, les vaVaccinationccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires, les autres seulement recommandés. La vaccination souffre d’un sentiment de défiance d’une partie de la population, qui accuse les adjuvants de rendre malades les patients.

La méfiance de la population face aux vaccins est passée de 10% en 2005 à 40% en 2010, d’après l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Les vaccins comme le Gardasil, contre le cancer du col de l’utérus, restent très controversés, tandis que le rôle majeur attribué aux vaccinations dans la régression des maladies infectieuses est contesté.

D’après Le Monde, les ventes globales de vaccins en France auraient fortement diminué au premier semestre 2015 par rapport au premier semestre 2014 : – 80,7% pour les vaccins pentavalents (diphtérie, tétanos, polio, coqueluche et méningite) et -14,5% pour les vaccins DT-Polio. Avec, pour conséquence, une probable diminution de la couverture vaccinale des nourrissons en 2015. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, reconnait que le doute est plus élevé en France que dans les autres pays européens. « C’est pourquoi je souhaite un débat », ajoute-t-elle, précisant qu’il sera lancé après la remise, à l’automne, d’un rapport sur la politique vaccinale commandé à la députée Sandrine Hurel.

 La controverse gagne le monde médical

La controverse sur la vaccination concerne à la fois son efficacité et son innocuité. La communauté scientifique attribue aux campagnes de vaccination la régression – voire la disparition – de certaines maladies, tandis que les « anti-vaccins » attribuent ce progrès à l’amélioration des conditions d’hygiène. Le monde médical semble lui-même divisé.

Maxime Schwartz, qui a été directeur général de l’Institut Pasteur, annonce ainsi dans son livre, Des microbes ou des Hommes, en 2009 : « le rôle attribué aux vaccinations est très largement exagéré ».

Henri Joyeux, chirurgien-cancérologue, a lancé en mai 2015 un appel alarmiste contre le vaccin combiné Infanrix Hexa qu’il estime dangereux. Il demandait notamment que le simple vaccin DT-Polio sans aluminium pour nourrissons soit de nouveau rendu disponible.

En quelques jours, le professeur Joyeux a semé le doute dans l’esprit de nombreux parents et sa pétition a recueilli près de 700 000 signatures. A tel point que la ministre de la Santé a réagi, en soulignant que le rôle d’un médecin n’était pas « d’inquiéter » mais de « rassurer« , rappelant au passage qu’Henri Joyeux « s’est déclaré contre la pilule, contre l’avortement » et « a pris des positions rétrogrades sur toute une série de sujets ».

Qu’importe ! Le cancérologue s’improvise spécialiste de sujets variés, en phase avec les inquiétudes des Français et lance avec aplomb : « Je m’en fous. L’avenir c’est parfois le contre-courant, ça s’appelle la résistance.» Le Conseil de l’Ordre, réuni en session, a décidé de porter plainte contre le professeur Joyeux pour propos outranciers et dangereux sur la vaccination.

Outre les possibles effets secondaires, Jean-François Saluzzo, directeur de production des vaccins viraux chez Sanofi Pasteur, pointe un autre risque majeur : « l’introduction d’un agent contaminant dans un vaccin final » (1). Il rappelle notamment la contamination d’un vaccin par le virus SV40, induisant des cancers chez les hamsters, dans les années 60. Ce virus n’était pas adapté à l’homme et n’a provoqué aucune pathologie, une « chance » pour les quelque 60 millions d’américains ayant reçu le vaccin polio.

Jean-François Saluzzo cite également la transmission du virus de l’hépatite B par le vaccin de la fièvre jaune, en 1942, qui fut à l’origine de 28 000 cas d’hépatite dont 62 mortels.

 Les adjuvants pointés du doigt

Par ailleurs, les adjuvants vaccinaux, indispensables à l’efficacité de très nombreux vaccins, sont devenus une préoccupation pour le public avec des doutes et des questions sur leur nature et leur utilité. Les plus utilisés sont les sels d’aluminium.

L’Académie nationale de médecine a porté sa réflexion sur ce sujet. Selon son rapport (2), aucune preuve de toxicité neurologique n’est imputable aux adjuvants aluminiques. Mais le Conseil d’Etat n’est pas de cet avis. Il a donné raison, en juillet 2015, à deux patientes souffrant d’une myofasciite à macrophages apparue à la suite d’une vaccination obligatoire contre l’hépatite B. En précisant que  « l’existence d’un lien de causalité entre une vaccination contenant un adjuvant aluminique et la combinaison de symptômes constitués par une fatigue chronique, des douleurs articulaires et musculaires et des troubles cognitifs n’est pas exclue« .

Par ailleurs, les vaccins sont artificiels et se substituent à la défense immunitaire naturelle. Or, pour le docteur Didier Tarte, « le milieu médical actuel ne connait rien de l’immunité », axe très complexe impliquant plusieurs interactions dans les domaines biologique, neurologique, hormonal et psychique. « On ne peut pas intervenir sur l’immunité sans qu’il y ait des contrecoups sur l’un de ces domaines » poursuit-il. Il semblerait qu’il existe encore d’énormes lacunes dans la compréhension scientifique en ce qui concerne la vaccination.

De plus, aucune étude significative ou officielle comparant la santé des enfants vaccinés à celle d’enfants non vaccinés n’a été menée jusqu’à présent.

 Vers un abandon de l’obligation vaccinale

En 2015, un couple de français a refusé de faire vacciner ses deux enfants, estimant que les vaccins disponibles présentent trop de risque et protègent contre des maladies qui n’existent plus (malgré les quelques cas de tétanos répertoriés chaque année). Le Conseil constitutionnel a tranché : la vaccination obligatoire d’un enfant est conforme à la Constitution. Les Sages ont relevé que « le législateur a entendu lutter contre trois maladies très graves et contagieuses ».

Mais, « la fin de la vaccination obligatoire est inéluctable », juge Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations (CTV) dans un article paru dans L’Express (3). Pour lui, la vaccination imposée contre le DTP a peu d’intérêt, notamment parce que « les pays qui laissent le choix aux parents ont un taux de couverture vaccinale à peu près similaire au nôtre ».

L’European Forum for Vaccine Vigilance (EFCC), groupe représentant une vingtaine de pays européens (membres de l’UE ou non membres) réclame actuellement l’abolition de la vaccination obligatoire en Europe et milite pour la création d’un système européen efficace et indépendant d’enregistrement des effets secondaires vaccinaux.

A l’heure où Marisol Touraine lance un plan d’action de rénovation de la politique vaccinale, la députée européenne écologiste Michèle Rivasi met en cause l’influence des laboratoires : « Il y a énormément de conflits d’intérêts, notamment au niveau du comité technique de vaccination qui indique la politique vaccinale, alors que ce sont des gens qui sont payés par les laboratoires pharmaceutiques ».

Il y a donc nécessité de donner aux citoyens une information libre, complète et contradictoire. Car la vaccination, qui constitue un acte médical invasif et n’est pas sans danger, nécessite avant tout un consentement éclairé.

 


 

NOTES:

(1) Présentation du Docteur Saluzzo sur le blog d’Initiative Citoyenne : http://www.initiativecitoyenne.be/article-dr-saluzzo-de-sanofi-pasteur-on-ne-sait-pas-comment-marchent-les-vaccins-114130498.html

(2) Académie Nationale de Médecine – Commission VII (maladies infectieuses et médecine tropicale) Groupe de travail sur Les adjuvants vaccinaux : quelle actualité en 2012 ? http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2013/10/adjuvants-vaccinaux-rapport-ANM1.pdf

(3) http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/la-fin-de-la-vaccination-obligatoire-est-ineluctable_1662969.html

Bernard Clavière

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