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Alzheimer, comment prévenir (et ralentir) la maladie ?

Découverte en 1906 par Aloïs Alzheimer, la maladie d’Alzheimer est une affection du cerveau dite « neuro-dégénérative », qui  entraîne une disparition progressive des neurones. C’est l’une des maladies les plus répandues aujourd’hui avec 30 millions de patients dans le monde. Si les causes de cette maladie irréversible sont encore mal connues, il est néanmoins possible de la prévenir, voire de ralentir son évolution.

 

Maladie d’Alzheimer, maladie de la mémoire ?Alzheimer2

 
On associe souvent la maladie d’Alzheimer à la perte de mémoire car ce sont les neurones localisés dans la région de l’hippocampe, siège de la mémoire, qui sont les premiers atteints. D’autres zones du cerveau sont ensuite touchées, menant à la disparition progressive des capacités d’orientation dans le temps et dans l’espace, de reconnaissance des objets et des personnes, d’utilisation du langage.

 

Une origine multifactorielle

La véritable cause de la maladie d’Alzheimer demeure mal connue. Il semble que son origine soit multifactorielle et des études épidémiologiques ont permis de mettre au jour certains facteurs de risque :

 

Les antécédents familiaux

Le risque d’être atteint augmente si un membre de la famille est touché. Par ailleurs, une forme familiale d’Alzheimer, qui se caractérise par un début de la maladie à un âge précoce,  concerne 5 à 7 % des personnes atteintes.

 

Alzheimer

Les causes environnementales

Des facteurs de risques génétiques conjugués à l’exposition au DDT (insecticide encore utilisé dans certains pays où sévit le paludisme) seraient à l’origine des formes les plus sévères de la maladie d’Alzheimer selon une étude scientifique .

Cette étude américaine, dont les résultats ont été publiés sur le site de la revue Jama Neurology, indique que cette affection neurodégénérative serait quatre fois plus fréquente chez les personnes ayant été en contact avec le DDT que dans le reste de la population.

 

Par ailleurs, une étude épidémiologique montre une association significative entre consommation de benzodiazépines et risque de démence de type Alzheimer : 30 000 cas supplémentaires chaque année pourraient être attribués à l’effet de ces médicaments.

Enfin, dans un article paru dans la revue BioRxiv, des chercheurs estiment que la maladie Alzheimer a évolué en parallèle avec le développement de l’intelligence humaine. L’étude a trouvé des preuves de changement, datant d’il y a plus de 50 000 ans, de 6 gènes impliqués dans le développement du cerveau. Ces changements ont provoqué une augmentation de la connectivité des neurones. Mais cette nouvelle capacité intellectuelle auraient eu des effets secondaires, puisque ces mêmes gènes sont aujourd’hui impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

Un lien avec l’hypertension

Une combinaison de facteurs – génétiques, environnementaux – pourrait donc être à l’origine de la maladie.  Des liens ont également été établis,  notamment entre la maladie d’Alzheimer et l’hypertension artérielle et les autres facteurs de risque cardio-vasculaires. De ce point de vue, la prévention des lésions vasculaires, en agissant sur l’ensemble des vaisseaux du cœur mais aussi du cerveau, permet de lutter indirectement contre Alzheimer.

Il est donc essentiel d’éviter les habitudes nocives (alcool,  tabac) et de surveiller votre pression artérielle, votre taux de cholestérol et votre glycémie. Veillez à maintenir un poids santé en consommant des portions appropriées et des collations saines et n’oubliez pas l’hydratation !

 

La piste de l’alimentation

L’hygiène alimentaire pourrait avoir un rôle important dans la prévention de la maladie. Selon une étude effectuée auprès de 500 000 personnes et parue dans le British Medical Journal en Septembre 2008, le régime crétois  diminuerait de 13% le risque de développer une démence de type Alzheimer. Ce régime repose sur une alimentation saine, riche en fruits et légumes frais, en légumes secs et céréales. L’huile d’olive, dont les acides gras mono-insaturés réduisent le risque de maladie cardiovasculaire, est l’un des piliers du régime crétois ; utilisée pour l’assaisonnement  comme pour la cuisson, elle remplace beurre et margarine.

Plusieurs études épidémiologiques ont par ailleurs montré que de trop faibles concentrations plasmatiques en Oméga-3 constituent un facteur de risque vis à vis de plusieurs types de démences dont celle d’Alzheimer. Ces acides gras oméga-3 sont particulièrement présents dans les poissons gras (sardines, maquereau, hareng, thon). Pour de meilleurs résultats, il est conseillé d’en consommer au moins deux portions par semaine. L’huile de foie de morue, l’huile de lin, de colza et les fruits à coque sont également riches en oméga-3 et peuvent facilement compléter le menu de tous les jours.

 

Le régime Mind

Une autre piste novatrice a été explorée par des chercheurs américains, à la suite d’une étude menée auprès de 923 patients soumis à des questionnaires réguliers durant quatre ans et demi. Les résultats très prometteurs sont parus dans la revue Alzheimer’s & Dementia au printemps 2015 (1) : les chercheurs ont établi que le risque de démence avait diminué de 53 % chez les personnes ayant suivi rigoureusement le régime Mind (pour Mediterranean-Dash Intervention of Neurodegenerative Delay).

Ce régime alimentaire destiné à prévenir la maladie d’Alzheimer s’inspire du régime crétois et repose notamment sur la consommation de légumes verts à feuilles et de baies :

(une portion = 80 à 100 grammes)

  • huile d’olive : elle doit être la principale huile utilisée
  • fruits secs oléagineux (noisettes, amandes, noix…) : au moins 5 portions par semaine
  • légumes verts à feuilles (choux, épinards, blettes…) : au moins 6 portions par semaine
  • poisson : 2 portions par semaine
  • baies (fraises, myrtilles, framboises…) : au moins 2 portions par semaine
  • légumes secs : plus de 3 portions par semaine
  • volaille :  2 portions par semaine
  • autres légumes : au moins 1 portion par semaine
  • céréales complètes : au moins 3 portions par semaine

 

 

Limiter le stress oxydatif

On pense que les radicaux libres produits par le métabolisme cellulaire pourraient être impliqués dans la maladie d’Alzheimer. Le recours à des substances anti-oxydantes au cours de la maladie est une piste en cours d’exploration. Mais les résultats sont attendus notamment concernant l’intérêt des omégas-3, du Ginkgo biloba et de l’association Vitamine E et sélénium.
Selon deux études publiées en 2002 dans le Journal of American Medical Association (JAMA), les propriétés antioxydantes des vitamines C et E favoriseraient la prévention de cette maladie. L’apport conseillé en vitamine E est de 12 mg par jour, et pour la vitamine C de 110 mg par jour. Les aliments riches en vitamine E sont les huiles végétales, les céréales, les fruits secs (noix, amandes, etc.), la patate douce, les mangues. On trouve la vitamine C en quantité importante dans les fruits et légumes suivantscassis, poivron, citron, chou-fleur, melon, orange.

Exercer le corps et le cerveau

En plus d’améliorer votre état de santé général, l’activité physique est bénéfique pour la santé de votre cerveau. Une activité  régulière – même modérée – favorise la circulation du sang au cerveau, ce qui nourrit les cellules de nutriments et d’oxygène et contribue à la formation de nouvelles cellules. De nombreux experts recommandent la marche comme l’une des formes d’exercices les plus simples et efficaces ; elle peut de surcroît se pratiquer à plusieurs (sans équipement particulier hormis de bonnes chaussures).

 

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L’activité mentale est également indispensable pour lutter contre le déclin cognitif. Si aucune étude ne prouve sa capacité à prévenir la maladie, elle peut en revanche contribuer à ralentir son évolution. Inutile de prévoir des exercices compliqués, continuez simplement de faire ce qu’il vous plait : mots croisés, casse-tête, jeux de mémoire sont parfaits pour l’activité du cerveau. Lisez un livre et parlez-en autour de vous, allez au cinéma, au musée, n’abandonnez pas vos passe-temps ou adoptez-en de nouveaux.

 

Lutter contre l’isolement social

Il a été démontré que le cerveau des personnes qui ont des contact sociaux réguliers fonctionne mieux . L’interaction sociale semble avoir un effet protecteur qui pourrait aider à diminuer les risques  de maladie d’Alzheimer, ou à ralentir son développement. Maintenez vos relations amicales et créez-en de nouvelles. Restez actif socialement en continuant de travailler, en faisant du bénévolat, en voyageant, en écrivant (cartes postales, emails…)  De façon plus générale, il est important d’éviter le repli sur soi, la routine ; prendre du plaisir à la vie fait donc partie de la prévention !

 

Alzheimer : stop !

Les véritables causes de la maladie et ce que chacun peut faire  pour la prévenir et la guérir

par Andreas Moritz

La version française du livre d’Andreas Moritz, « Alzheimer : stop ! » est désormais disponible. Ce travail constitue une étape importante dans la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer, l’une des plus redoutées parmi la population des plus de 50 ans. Avec son style unique, l’auteur commente à la fois les progrès récents de la recherche ainsi que les connaissances séculaires. Andreas Moritz donne dans ce livre, une foule de conseils pratiques que chacun pourra rapidement et facilement mettre en oeuvre.

 

1  M.,C. Morris et al, « MIND diet associated with reduced incidence of Alzheimer’s disease », Alzheimer’s & Dementia, (2015

Bernard Clavière

2 réponses à “Alzheimer, comment prévenir (et ralentir) la maladie ?”

  1. Claude dit :

    Ravie de découvrir votre site

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