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Pénurie d’eau en 2050

Saviez-vous que chaque Français consomme en moyenne 151 litres d’eau par jour à son domicile ? A titre de comparaison, les hygiénistes de la fin du 18ème siècle estimaient que chaque personne utilisait 15 à 20 litres d’eau au quotidien. Si la consommation continue d’augmenter, le risque d’une pénurie d’eau est réel à l’horizon 2050.

 

image eau

Si la consommation d’eau est en augmentation globale sur la planète, elle varie considérablement d’un pays à l’autre : un habitant de Sydney par exemple consomme en moyenne plus de 1 000 litres d’eau potable par jour, un Américain de 300 à 400 litres, et un Européen entre 100 à 200 litres…

Alors que dans certains pays en développement, la consommation moyenne par habitant ne dépasse pas quelques litres !

 

Des risques quantitatifs et qualitatifs

Les résultats d’une enquête TNS SOFRES, « les Français et l’eau », font ressortir des inquiétudes vis-à-vis de l’état des ressources en eau : près de la moitié des personnes interrogées exprime des craintes de pénurie pour l’avenir. Actuellement, la rareté de l’eau affecte plus de 40 pour cent de la population mondiale, une proportion qui devrait atteindre les deux tiers d’ici à 2050.

Le problème de l’eau n’est pas uniquement quantitatif, il est aussi qualitatif. Car plus la consommation d’eau augmente, plus les rejets d’eaux usées et d’effluents sont importants, avec une pollution ou dégradation des écosystèmes aquatiques. Cette pollution pourrait rendre les réserves d’eau peu à peu inexploitables.

Cela est largement dû à la surconsommation d’eau pour l’agriculture et la production alimentaire. A titre d’exemple, dans certaines régions d’Asie centrale et du Sud-Est asiatique, au Proche-Orient, en Afrique du Nord ainsi qu’en Amérique centrale et du Nord, les quantités d’eau souterraine utilisées dépassent les quantités qui se reconstituent naturellement.

 

L’impact de l’élevage

En France comme dans la plupart des pays développés, les dépenses en eau pour l’usage domestiques sont bien faibles  (5,6%) comparées aux dépenses pour l’industrie (23,4%), et surtout pour l’agriculture (71%) ! L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) explique :  » en additionnant les effets des différents maillons de la chaîne de production, le secteur de l’élevage a un énorme impact sur l’utilisation et la qualité de l’eau » *. 

Il faut en effet compter l’eau utilisée pour l’irrigation des cultures destinées à la nourriture du bétail, l’eau destinée à abreuver les animaux et celle utilisée pour le nettoyage des élevages industriels, dans les camions de transports et abattoirs… L’ « empreinte eau», soit la consommation d’eau nécessaire pour produire un kilo d’aliment du début à la fin de la chaîne de production, nous donne une idée plus précise de cet impact :

 

  • Maïs : 900 litres d’eau
  • Blé : 1 300 litres d’eau
  • Riz : 3 000 litres
  • Viande de poulet : 4 000 litres d’eau
  • Viande de porc : 4 900 litres d’eau
  • Viande de boeuf : 15 500 litres d’eau

 

En France, l’empreinte eau est estimée à 1 875 m3 par an et par habitant, dont 36% correspondent à la consommation de viande. Mais ce n’est pas tout : l’élevage est la plus grande source sectorielle de pollution de l’eau (déchets animaux, antibiotiques, hormones, produits chimiques des tanneries, engrais et pesticides utilisés pour les cultures fourragères… )

 

Risque de pénurie d’eau en 2050

L’Institut International de l’Eau de Stockholm mettait en garde dès 2012 : «Il n’y aura pas suffisamment d’eau disponible sur nos terres agricoles pour produire de la nourriture pour une population de 9 milliards d’habitants en 2050 si nous suivons les tendances alimentaires actuelles dans les pays occidentaux.»

Une seule solution, selon l’Institut : réduire notre apport en protéines d’origine animales de 20% aujourd’hui à 5% d’ici à 2050. L’idéal, à défaut de devenir végétarien (dix fois moins gourmand en eau), serait de diminuer par deux sa consommation de viande, ce qui revient à utiliser cinq fois moins d’eau.

 

* (FAO, Livestock’s Long Shadow, 2006, p.167) 

Bernard Clavière

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