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Sauver la planète avec un régime végétarien

« Devenir végétarien permettrait de vivre environ 10 ans de plus tout en respectant la planète », c’est ce qu’affirme le chercheur américain David Tilman.

 

régime méditerraneen

D’après une étude menée par l’équipe du docteur David Tilman, professeur en sciences biologiques et chercheur à l’Université du Minnesota, l’adoption à l’échelle planétaire d’un régime de type végétarien, méditerranéen ou pescétarien (à base de poisson) influerait de manière positive sur la qualité de vie et la santé. Cela permettrait aussi de diminuer considérablement les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la déforestation.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié les tendances passées à l’échelle mondiale : entre 1961 et 2009, les tendances alimentaires ont évolué en fonction de l’urbanisation. Les revenus ont augmenté, de même que la consommation de protéines animales, de sucres et graisses raffinées, et donc de calories totales par personne.

Les données recueillies ont été combinées avec, d’une part, l’estimation de l’augmentation de la population et des revenus d’ici 2050, et, d’autre part, l’analyse de cycles de vie de systèmes de production alimentaire. Pour les auteurs de l’étude, cette évolution des comportements pourrait provoquer une croissance de l’obésité au sein des populations avec un plus grand nombre de maladies chroniques, telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains types de cancer. En outre, la quantité d’émission en GES rejetée par la production alimentaire pourrait doubler si le mode de vie occidental continue à se banaliser à travers le monde.

Un coût énorme en terme d’environnement

D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le monde a consommé environ 280 millions de tonnes de viande, 700 millions de tonnes de lait et 1,2 milliard d’œufs au cours de l’année 2008. Avec un coût énorme en terme d’environnement. Car toute agriculture endommage notre cadre naturel : des forêts sont rasées, des prairies labourées, de l’eau prélevée, des engrais, des pesticides et des fertilisants sont répandus, du carburant consommé…

Le bétail est notamment une source majeure de gaz à effet de serre. Le méthane produit par les micro-organismes présents dans les entrailles des ruminants – notamment les bovins et les ovins – est en effet un gaz à effet de serre puissant. Et la déforestation pour créer des pâturages, le surpâturage et l’érosion des sols qui en découle, libèrent le carbone emprisonné dans la terre. Selon le rapport de la FAO publié en 2006, Livestock’s Long Shadow, en additionnant tous ces facteurs,  le bétail représenterait 18 % de la totalité des émissions de gaz à effet de serre.

Un changement de régime nécessaire

« Si cette tendance perdure, nous serons 30 % de personnes en plus sur terre en 2050, les émissions à effet de serre augmenteront sur la même période de près de 80 %», a prédit David Tilman. « Ce que nous mangeons a autant d’importance pour l’environnement que les voitures que nous conduisons. L’agriculture rejette plus de CO2 que tout le parc automobile et les modes de transport réunis ».

Pour se nourrir tout en respectant l’environnement, les chercheurs recommandent d’adopter soit le régime méditerranéen, soit un régime végétarien, ou encore un régime végétarien combiné avec une consommation régulière de poisson. L’adoption d’un de ces régimes réduirait d’environ 25% l’incidence des diabètes de type II, de 10% celle des cancers et de 20% celles des maladies cardiaques par rapport à un régime omnivore. Côté environnement, la réduction de GES  induite par ce changement de régime à l’échelle planétaire  «  éviterait la destruction de forêts et de prairies tropicales sur une superficie équivalente à la moitié des Etats-Unis » selon David Tilman dans un article de Science Daily.

Plus récemment, Christian Couturier, de l’association Solagro (qui a pour projet d’ouvrir d’autres voies pour l’agriculture), penche pour un régime « demitarien » dans une intéressante interview publiée par Touleco-green.fr. Il s’agit d’un régime où on consomme deux fois moins de viande et qui se rapproche des régimes alimentaires d’il y a quelques générations.

 

David Tilman, Michael Clark. Global diets link environmental sustainability and human health. Nature, 2014; DOI: 10.1038/nature13959

Bernard Clavière

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